Le Toyota C-HR a toujours eu un don pour se faire remarquer. Depuis sa première génération en 2016, ce SUV compact a imposé un style tranché là où la plupart de ses concurrents jouaient la carte de la prudence. Avec sa deuxième génération, lancée début 2024, Toyota n’a pas cherché à adoucir le trait. Bien au contraire. Mais un design audacieux ne suffit pas à justifier un achat : voici ce que révèle vraiment un essai Toyota C-HR, moteur tournant, au quotidien.
Un design qui divise, et c’est voulu
Difficile de rester indifférent face au C-HR de seconde génération. La silhouette de coupé surélevé héritée du premier modèle est ici poussée à l’extrême : arches de roues saillantes, toit plongeant, plis de carrosserie nets, feux arrière travaillés. Toyota a dessiné ce modèle en France, et ça se ressent dans l’approche stylistique.
La version GR Sport accentue encore le côté sportif avec des arches de roues encore plus marquées et une signature lumineuse retravaillée. À l’essai, le C-HR attire clairement les regards, ce que confirment unanimement tous les testeurs qui ont conduit le véhicule sur route ouverte.
Côté dimensions, il reste compact avec 4,36 mètres de long, un choix délibéré de Toyota pour conserver la maniabilité urbaine. Ses principaux rivaux, le Hyundai Kona et le Kia Niro, affichent environ 10 centimètres de plus. Ce choix a des conséquences sur la praticité intérieure, on y revient.
Trois motorisations hybrides, un seul choix à faire
Le C-HR 2024 abandonne tout moteur thermique pur. La gamme se structure autour de trois groupes motopropulseurs, tous électrifiés.
| Motorisation | Puissance cumulée | Transmission | Consommation WLTP |
|---|---|---|---|
| Hybride 140 | 140 ch | Traction avant | 4,8 l/100 km |
| Hybride 200 | 198 ch | Traction avant | 4,8 l/100 km |
| Hybride 200 AWD-i | 198 ch | 4 roues motrices | 5,2 l/100 km |
| Hybride Rechargeable 225 | 223 ch | Traction avant | 1,0 l/100 km* |
*En cycle combiné avec batterie chargée.
L’Hybride 140 ouvre la gamme et représente le meilleur compromis achat/usage pour une utilisation mixte ville-route. En conditions réelles, on tourne autour de 5,0 l/100 km en ville, un peu plus de 6,0 l sur route, et proche de 7,0 l sur autoroute. C’est honnête pour un SUV de ce gabarit.
L’Hybride 200 est la version qui a le plus surpris à l’essai. Avec ses 198 ch combinés, le C-HR prend une tout autre dimension en termes de dynamisme. Les relances sont nettes, la CVT monte moins dans les tours, et les phases d’emballement sonore du moteur thermique sont sensiblement réduites. Pour ceux qui roulent souvent en dehors des villes ou en région montagneuse, cette motorisation mérite vraiment d’être essayée.
L’Hybride Rechargeable 225 est la version la plus chère et la plus électrique. Toyota annonce 66 km d’autonomie en mode électrique pur en cycle urbain WLTP. Revers de la médaille : le coffre tombe à 310 litres contre 388 litres pour les versions full hybrid, les batteries empiétant sur le plancher de chargement.
Dans l’habitacle : une réussite partielle

L’intérieur du C-HR 2024 est en nette progression par rapport à son prédécesseur. Toyota a construit l’habitacle autour du conducteur : les sièges se règlent finement, le volant aussi, et il est difficile de ne pas trouver une bonne position de conduite. La qualité de finition tient clairement la comparaison avec les références de la catégorie.
La planche de bord tourne autour d’un écran central tactile de 8 pouces (ou 12,3 pouces selon les finitions) et d’un combiné numérique de 12,3 pouces. L’ergonomie est globalement bien pensée.
En revanche, deux points limitent l’enthousiasme à l’arrière. La ligne de toit en pente pénalise les passagers de grande taille, et l’espace aux jambes reste juste dans la catégorie. Ce C-HR se vit mieux à deux qu’en famille nombreuse. La visibilité arrière, sacrifiée au profit du design, est également un point faible régulièrement noté lors des essais.
Sur la route : comportement et agrément

À l’essai, le Toyota C-HR 2024 repose sur la plateforme TNGA-C de la Corolla, revue et renforcée. Le résultat est une voiture qui inspire confiance dès les premiers kilomètres.
Le comportement est celui d’une berline compacte bien née : direction précise et bien dosée, tenue de cap irréprochable sur autoroute, amortissement qui gère le roulis sans rudesse. Par rapport à la génération précédente (réputée trop rigide après son restylage de 2019), la progression est réelle. Le confort en ville comme sur route est désormais un vrai point fort.
La version Hybride Rechargeable 225 reçoit une suspension à deux lois de fonctionnement, non pilotée mais ingénieuse, qui améliore encore l’absorption des irrégularités.
Le seul bémol récurrent à l’essai concerne le comportement de la boîte CVT à variation continue lors des accélérations franches. L’emballement sonore du moteur thermique en montée en régime est caractéristique des hybrides Toyota et peut dérouter les nouveaux venus. Ce phénomène est sensiblement atténué avec le 2.0 de 198 ch.
Finitions et prix : à quoi s’attendre
La gamme 2024 s’organise autour de quatre niveaux de finition principaux.
Dynamic constitue l’entrée de gamme et se montre déjà bien équipée : jantes 17 pouces, feux full LED, Toyota Safety Sense (régulateur adaptatif, maintien de voie, feux auto), climatisation bizone, caméra de recul, connectivité Apple CarPlay sans fil. À partir de 34 900 euros en Hybride 140.
Design enrichit la dotation avec des jantes 18 pouces, des radars de stationnement avant-arrière, des sièges avant chauffants, l’éclairage d’ambiance et un volant cuir.
Collection monte en haut de gamme avec le toit panoramique, les sièges en cuir, l’écran 12,3 pouces et le système audio JBL.
GR Sport propose un traitement sportif inédit et peut désormais être couplée à la motorisation Hybride 140.
La garantie Toyota Relax mérite d’être mentionnée : elle permet d’étendre la couverture constructeur jusqu’à 10 ans, à condition de réaliser chaque révision annuelle dans le réseau officiel. C’est un argument de poids sur le coût total de possession.
Points forts et points faibles en résumé
Ce qui plaît à l’essai :
- Un design réellement différenciant dans la catégorie
- L’hybridation douce et efficace en usage urbain et périurbain
- La qualité de finition et l’ergonomie conducteur
- La fiabilité reconnue de la technologie hybride Toyota
- La maniabilité en ville grâce au gabarit contenu
Ce qui peut freiner :
- Habitabilité arrière et coffre en retrait face aux concurrents directs
- Visibilité arrière sacrifiée au style
- Emballement sonore de la CVT en accélération franche
- Tarif catalogue en hausse par rapport à l’ancienne génération
Notre avis sur l’essai Toyota C-HR
Le Toyota C-HR 2024 est une voiture à essayer avec des attentes claires. Si vous cherchez un SUV polyvalent pour toute la famille avec un grand coffre et cinq vraies places, regardez ailleurs. Mais si vous cherchez un SUV compact au caractère affirmé, sobre à la pompe, agréable à conduire au quotidien et différent de ce que tout le monde conduit dans votre rue, le C-HR mérite vraiment qu’on lui consacre du temps.
Le choix de la motorisation est clé : l’Hybride 200 offre le meilleur équilibre entre plaisir de conduite et sobriété, tandis que l’Hybride Rechargeable 225 séduira les grands rouleurs urbains équipés d’une prise à domicile.
La meilleure façon de trancher reste de l’essayer vous-même, sur votre trajet habituel, avec vos contraintes réelles.

