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Marché automobile en France en juillet 2026 : l’électrique franchit un cap, le thermique décroche

marché des véhicules électriques en France

Le marché automobile français retrouve des couleurs en plein cœur de l’été. Après un mois de juin déjà solide, juillet 2026 confirme la reprise avec une progression franche des immatriculations, portée presque exclusivement par l’électrique. Voici ce qu’il faut retenir de ce mois charnière, chiffres à l’appui, et ce que ces tendances annoncent pour la rentrée.

Un marché en hausse de 9 %, tiré par le leasing social

126 808 voitures particulières neuves ont été immatriculées en France en juillet 2026, contre 116 377 un an plus tôt. Le marché progresse ainsi de 9 % sur un an, selon les données de la Plateforme automobile (PFA) et d’AAA Data. Depuis le 1er janvier, le cumul atteint 983 974 unités, soit une hausse de 2,65 % sur les sept premiers mois de l’année.

Ce rebond n’est pas homogène : il doit tout, ou presque, à l’électrique. Les ventes de véhicules 100 % électriques ont bondi de +127 % sur un an, avec 44 378 immatriculations en juillet. Elles représentent désormais 35 % du marché mensuel, un niveau qu’aucun mois n’avait atteint jusqu’ici. Sur les sept premiers mois de l’année, l’électrique cumule 285 940 unités, soit 29,1 % de part de marché, contre 50,5 % pour les hybrides. Les motorisations thermiques pures, elles, continuent de s’effacer : le diesel ne pèse plus que 2 % des ventes.

Le déclencheur de cette accélération est identifié sans ambiguïté par Marie-Laure Nivot, responsable de l’analyse du marché automobile chez AAA Data : le lancement de la troisième édition du leasing social, ouvert le 16 juillet, a créé un appel d’air immédiat sur les commandes de véhicules électriques éligibles, avec un effet d’entraînement sur l’ensemble des offres constructeurs.

Leasing social 2026 : un démarrage plus rapide que les précédentes éditions

Doté d’une enveloppe de 401 millions d’euros, le dispositif vise à financer au moins 50 000 véhicules électriques loués à moins de 200 euros par mois, avec une aide de l’État pouvant atteindre 9 500 euros pour les modèles assemblés en Europe. Quinze jours à peine après l’ouverture du guichet, environ 19 500 commandes avaient déjà été enregistrées, un rythme que le ministre de l’Économie Roland Lescure a qualifié de particulièrement soutenu sur France Inter fin juillet.

Ce cadencement rapide contraste avec l’édition 2025, qui avait connu un démarrage en trombe suivi d’un net ralentissement, l’objectif des 50 000 dossiers n’ayant finalement été atteint qu’en janvier 2026. Cette fois, la logique de financement a changé de nature : le dispositif passe par les certificats d’économies d’énergie plutôt que par le seul budget de l’État, et l’aide est modulée selon l’origine industrielle du véhicule. Conséquence directe, des modèles importés comme certaines Tesla ou la Dacia Spring restent hors du dispositif, ce qui recentre mécaniquement la demande sur l’offre Renault et Stellantis.

Renault en profite directement : le groupe au losange domine sans partage le segment électrique en juillet, avec la Renault 5, le Scénic E-Tech et la nouvelle Twingo qui occupent les trois premières places du classement des ventes de véhicules zéro émission.

Le classement des groupes et des marques en juillet

Stellantis conserve la première place du marché français avec 26,4 % de part de marché et 33 489 immatriculations, en hausse de 7,2 % sur un an. Une performance tirée par Fiat (+53,5 %) et Citroën (+17,3 %), tandis que Peugeot retrouve une dynamique positive (+6,7 %) après plusieurs mois compliqués. Le groupe progresse, mais moins vite que le marché dans son ensemble.

Renault, de son côté, affiche une croissance de 9,5 % avec 30 241 unités, portée par le succès de sa gamme électrifiée. Le groupe occupe 23,9 % du marché, sa deuxième place restant solide.

Volkswagen ferme la marche des grands acteurs, avec un recul de 4,2 % à 16 822 véhicules et 13,3 % de part de marché. La marque Volkswagen elle-même perd 1,5 % avec 7 317 immatriculations, un repli partiellement compensé par les bonnes performances de Seat (+2,7 %) et surtout de Skoda (+6,7 %), qui continue de gagner du terrain grâce à des modèles comme l’Elroq.

Autre signal à suivre de près : la percée continue des constructeurs chinois et de Tesla. La marque américaine progresse de 81 % en juillet avec 2 370 unités, portée par son Model Y restylé (+139 %), qui se hisse au rang de quatrième électrique la plus vendue du mois, juste devant la Peugeot e-208, le Skoda Elroq et le Volkswagen ID.4. BYD confirme également sa montée en puissance, son Atto 2 s’imposant comme un des meilleurs vendeurs électriques du mois.

Top des ventes : Dacia et Peugeot toujours devant, l’électrique s’invite dans le haut du classement

Sur le plan des modèles, le classement général reste dominé par les habituées du marché français : Dacia Sandero et Peugeot 208 caracolent en tête, suivies de près par la Renault Clio, la Citroën C3 et la Peugeot 2008. Mais la nouveauté de juillet, c’est la présence désormais installée de plusieurs modèles électriques dans le top 10 toutes motorisations confondues, à l’image du Tesla Model Y qui se classe dixième.

Ce mélange traduit une évolution structurelle plus qu’un simple effet de mode estival : les citadines économiques françaises et roumaines restent le socle du marché, pendant que l’électrique conquiert des positions qu’il n’occupait pas il y a encore un an, y compris sur des segments de SUV familiaux.

Le VUL en net recul, signe d’un marché à deux vitesses

Le contraste est frappant avec le marché des véhicules utilitaires légers, qui recule de 15,6 % en juillet avec 26 939 immatriculations. Citroën (-34,75 %) et Peugeot (-24,07 %) accusent les baisses les plus marquées, tandis que d’autres marques comme Mercedes ou Toyota parviennent à maintenir leurs volumes. Ce repli illustre les difficultés persistantes des professionnels et artisans face à la conjoncture, alors même que le marché des particuliers profite pleinement des aides à l’achat électrique.

Carburants et fiscalité : deux moteurs de la bascule vers l’électrique

Deux facteurs macroéconomiques expliquent en partie cette accélération vers l’électrique. D’abord, les prix des carburants, repartis nettement à la hausse en cours de mois. Après un début juillet sous 1,90 euro le litre, le gazole a franchi la barre symbolique des 2 euros dès le 15 juillet, dans le sillage des tensions au Moyen-Orient, pour s’établir autour de 2,10 à 2,19 euros en fin de mois selon les relevés quotidiens. L’essence SP95-E10 a suivi une trajectoire plus modérée, dépassant elle aussi les 2 euros. Pour un ménage réalisant deux pleins par mois, la facture carburant dépasse désormais fréquemment les 200 euros, un niveau qui pèse directement sur l’arbitrage entre motorisations.

Ensuite, la fiscalité écologique continue de se durcir. Le barème du malus CO2 2026 abaisse le seuil de déclenchement à 108 g/km, contre 113 g/km l’année précédente, et porte le plafond à 80 000 euros dès 192 g/km d’émissions. Le malus au poids s’ajoute désormais dès 1 500 kg, contre 1 600 kg auparavant. Résultat concret : des modèles thermiques auparavant considérés comme raisonnables, y compris certains SUV compacts ou citadines à moteur légèrement musclé, basculent désormais dans la zone taxée. Cette pression fiscale, combinée à la flambée des prix à la pompe, rend l’équation économique de plus en plus favorable à l’hybride et à l’électrique, y compris pour des acheteurs qui n’étaient pas spontanément convertis à la cause écologique.

Ce qu’il faut retenir pour anticiper la rentrée

Trois dynamiques structurent ce mois de juillet 2026 et se prolongeront vraisemblablement sur les mois à venir :

Le marché renoue avec la croissance après plusieurs années de repli, mais cette croissance repose presque intégralement sur l’électrique, porté par un dispositif public dont le succès dépendra de sa capacité à tenir la cadence sur la durée, comme ce ne fut pas toujours le cas lors des éditions précédentes du leasing social.

Le thermique recule sous une double contrainte, fiscale avec le malus écologique et conjoncturelle avec la remontée des prix des carburants, ce qui accélère une bascule déjà engagée depuis plusieurs mois.

Enfin, la concurrence internationale s’intensifie sur le segment électrique, avec des constructeurs chinois et Tesla qui gagnent du terrain face à Renault et Stellantis, ces derniers restant toutefois solidement installés grâce à une offre électrique désormais élargie et compétitive sur les segments citadins et compacts.

Rendez-vous fin août pour vérifier si cette dynamique se confirme sur un mois traditionnellement plus calme pour les ventes automobiles en France.

Sources : Plateforme automobile (PFA), AAA Data, Auto Infos, L’Argus, Journal Auto, Caradisiac, Supercarbu, France 3 Régions, info.gouv.fr.

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